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Le mot de Dominique Valck, Président

Si 2015 ne nous a rien épargné, 2016 doit absolument être l’année charnière qui permettra, grâce aux  processus d’intelligence collective qui surgissent de toutes part, à la prodigieuse ingénierie citoyenne qui démode un système plutôt que le combattre, de sérieusement nous mettre en marche pour réécrire le projet de société, pour écrire une histoire qui est une suite vivante de l’aventure des hommes pour sortir de ces pulsions de mort qui pilotent notre humanité actuellement.

 Les résistances, les incompréhensions, les peurs sont des forces contraires qui semblent avoir encore de beaux jours devant elles tant les régressions sociales, les renfermements communautaires, les certitudes d’une guerre de civilisation sont manipulées avec l’aisance qui justifie un monde sécuritaire fait de défiance, de murs, de reniements, de pensées « mainstream » qui réduisent le projet de société, ici et là-bas, à un état de guerre permanent.

Mais nous ne devons jamais douter de nous, et notre Conseil, tous les Conseils de développement, doivent jouer leur rôle d'artistes de la démocratie, d'acteurs de leur temps.

 C’est dans nos différences que nous trouverons les solutions, c’est sur nos différences que nous bâtirons la robustesse de notre projet de société.

Alors que tout concourt au contraire parce que les élites ont été éduquées dans un système de valeurs particulièrement minimalistes, égoïstes et individuelles … Un système de pensée paresseuse abreuvant inlassablement le monde des hommes des erreurs du passé  par des réflexes pavloviens aux « lois » du marchés, aux « lois » de la finance, aux « lois » comptables de l’austérité … Des non lois en fait, produites pour l’essentiel dans des cadres qui n’ont aucune légitimité démocratique.

Et c'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal disait Hanna Arendt.

 Seulement voilà, et c’est la bonne nouvelle, le monde nouveau est en marche, et rien, absolument rien ne pourra l’arrêter. C’est ce que les prospectivistes avait prévu et appelé la trans modernité qui est une inversion totale des valeurs qui ont prévalues jusqu’alors … Il est très probable que l’altérité, la fraternité soient de vrais outils du projet qui aura en son cœur cette notion très positive que sont les Communs.

Partout dans le monde, partout sur le territoire national, partout sur le territoire du Grand Nancy surgissent des initiatives, des envies, des forces positives. En fait nous sommes probablement des milliers, des millions, et l’engouement quasi émouvant du documentaire « Demain » est un véritable appel à la confiance, un révélateur … Parce que c’est possible et nous allons le faire.

 Il est important de comprendre que les Communs ne sont pas un dogme nouveau pour emprisonner les esprits et les initiatives. Au contraire, ils offrent une pluralité de réponses possibles et leur création repose en grande partie sur la maturité et le dynamisme de la démocratie participative. Nous comprenons là notre responsabilité.

 Les idéologies qui dominent depuis le 19ème siècle – de manière simplifiée nous pourrions dire que c’est le marché contre l’Etat avec des hybridations diverses et variées – … ces idéologies offrent toujours des réponses à prétention totalisante.

La pensée marxiste telle qu’elle a été implantée dans les pays à économie administrée reposant sur un monopole public des moyens de production. A l’inverse, le dogme libéral affirme que c’est le marché qui va tout régler.

 Alors que le premier modèle a disparu et que le second montre jour après jour son impuissance à régler les grandes questions auxquelles l’humanité est confrontée – transition écologique, sociétale, inégalités face aux fondamentaux comme la nourriture, la santé, l’éducation …- nous devons réintroduire de la diversité dans notre pensée politique. C’est ce que les Communs tentent de faire, non pas contre le marché ou contre l’Etat, mais à côté, avec des porosités possibles entre les 3 sphères et une prodigieuse capacité d’innovation, voire de rupture.

Sous-tend l’idée de nouvelle Alliance entre représentation et participation … idée sur laquelle je reviens régulièrement.

 Mais tout cela pour dire quoi ?

Tout cela pour dire que l’intuition des Conseils de développement est bonne. Ce n’est pas un absolu, une posture ou une certitude, mais elle est bonne parce qu’elle repose sur une autre logique d’emboitement, sur la logique du REN chère à Confucius … L’humain doit être au centre de tout. Et ce n’est pas négociable.

 Il nous faut donc revoir l’emboitement des priorités, reconsidérer l’organisation des urgences et peut être nous rappeler ce bon mot d’Edgar Morin :

"Est-il essentiel de s’occuper des urgences Ou urgent de s’occuper de l’essentiel, cet essentiel qui lutte pour sortir de sa chrysalide, le monde nouveau."

 Par cette réorganisation des emboitements, des logiques et des priorités, nous nous mettons en capacité d’écrire une histoire, un récit, commun et partagé … Il s’appelle le projet de société.

 Aux côtés et en collaboration avec la démocratie représentative, la société civile avec ses outils que sont les Conseils de développement et les CESER pour animer le débat public, doit être en mesure d’entrer dans le débat et la co construction de ce monde nouveau.

L’heure n’est plus aux querelles partisanes dévastatrices, et je pense même que nous pourrons capitaliser sur nos désaccords. L’heure est au projet de société.